S’installer dans l’Ouest : l’immigration dans les Prairies, de 1867 à 1914

par Erica Gagnon, chercheuse junior

De 1867 à 1914, l’Ouest canadien s’est ouvert à la colonisation massive et est devenu le domicile de millions d’immigrants à la recherche d’une vie nouvelle. Ce boom d’immigration a donné lieu au développement d’industries clés toujours importantes dans le rôle international du Canada – on pense à l’agriculture, aux mines et au pétrole. Les provinces des Prairies du Manitoba, de la Saskatchewan et de l’Alberta ont connu une croissance rapide au cours de ces années, alors que les immigrants ont commencé à transformer la terre plate et infertile de la prairie et à établir des colonies culturelles uniques. De nombreuses motivations ont amené les immigrants au Canada : une plus grande opportunité économique et une meilleure qualité de vie, la fuite en raison de la persécution et de l’oppression, et les possibilités et les aventures suggérées par les services d’immigration canadienne à des groupes d’immigrants souhaitables. En examinant ces motivations, une compréhension des expériences d’immigration et des types de peuplement dans les Prairies évolue de manière intéressante.

Le boom d’immigration menant jusqu’à 1914 a été une des périodes les plus importantes de la croissance de la population canadienne. Des changements importants ont eu lieu au Canada après 1867 et ont permis l’essor de l’immigration dans les Prairies : la construction d’une voie ferrée transcontinentale a rendu accessible le transport et le voyage; la Loi des terres fédérales de 1872 a libéré des terres gratuites et fertiles pour les colons; la mise en place, en 1873, de la Police montée du Nord-Ouest garantissait la sécurité des habitants des Prairies; et la création du ministère de l'intérieur, aussi en 1873, a attiré des immigrants travaillants dans la région.

En 1870, aucun centre urbain n’existait dans les Prairies. En 1911, treize villes comptant plus de 5 000 habitants avaient été créées.[1]

Alors que la période suivant 1867 a connu une augmentation de l’immigration internationale, le mouvement n’a pas véritablement décollé jusqu’en 1896. Après une dure récession économique, de 1873 à 1896, le Canada avait soif de colons. Avec l’aide de Sir Clifford Sifton, ministre de l’intérieur de 1896 à 1905, les immigrants ont commencé à trouver leur chemin vers les Prairies canadiennes. Sifton est connu pour avoir favorisé l’arrivée des immigrants non traditionnels au Canada. Sifton croyait fermement que les robustes immigrants européens constituaient les meilleurs colons pour les arides Prairies, en raison de leur connaissance de l’agriculture, du mode de vie rural et des climats durs. Il est surtout connu pour sa déclaration qu' « un paysan vigoureux dans un manteau de peau de mouton, né sur la terre, dont les ancêtres ont été des agriculteurs pendant dix générations, accompagné d’une femme vaillante et une demi-douzaine d’enfants, est une bonne qualité »[2] Sifton n’aimait pas l’idée d’une colonisation des Prairies par des populations urbaines, car elles se regrouperaient alors dans les villes, plutôt que développer les fermes des Prairies. Au lieu de cela, il faisait davantage la promotion de l’immigration de groupes tels que les Ukrainiens, les Hongrois et les Mennonites que celle des immigrants britanniques plus ethniquement « souhaitables ».

Grâce à une publicité omniprésente et aux services d’immigration internationale, les populations étrangères ont commencé, après 1867, à coloniser les Prairies. Ces immigrants ont établi des poches ethniques et culturelles distinctes et des industries diverses, au Manitoba, en Saskatchewan et en Alberta. La population de l’Ouest a explosé; Winnipeg est passée d’une ville de 20 000 habitants en 1886, à 150 000 en 1911.[3]

La population de la Saskatchewan a augmenté de 1 124.77 %, entre 1891 et 1911.[4]

Des milliers d’immigrants de diverses origines arrivent au Canada de 1867 à 1914, pour différentes raisons. Pour les milliers d’immigrants qui ont été inspirés à émigrer en quête de plus de possibilités économiques et d’une meilleure qualité de vie, l’Ouest canadien présentait apparemment des possibilités infinies. Cette catégorie d’immigrants comprenait des populations de Hongrois, de Français, d’Islandais, de Roumains, de Chinois et d’Ukrainiens.

Du milieu à la fin du XIXe siècle, la situation économique et sociale en Europe était de plus en plus difficile. En même temps, la population de l’Europe augmentait à un rythme sans précédent alors que le taux de mortalité diminuait, ce qui résultait en un excédent de population. Cela a entraîné des pénuries de travail et une compétition pour les ressources. Les tensions politiques en Europe ont ainsi pris de l’ampleur vers la fin des années 1800, alors que les empires se réorganisaient et que les frontières se déplaçaient.

Pour les Hongrois, les Roumains et les Ukrainiens, la surpopulation et le chômage ont certainement incité leur migration vers l’Ouest canadien. Ces immigrants « Sifton » étaient de vigoureux agriculteurs européens, connus pour leur capacité de survivre à des climats rudes. Après des décennies de statut de locataire sans terre sur de toutes petites exploitations agricoles en Europe, l’offre gratuite de 160 acres de propriété familiale dans l’Ouest canadien était attrayante pour ces pauvres agriculteurs de l’Europe de l’Est. Après avoir été négligés par le gouvernement, les Hongrois fuyaient l’Empire austro-hongrois et bien que plusieurs soient venus au Canada, la majorité s’est déplacée vers les États-Unis. Les Roumains et Ukrainiens favorisaient cependant le Canada et s’installaient en grand nombre dans l’Ouest canadien.

Les Roumains ont commencé à arriver en 1895, et comme de nombreux autres immigrants « Sifton », les Prairies étaient leur premier domicile et ultimement, leur domicile permanent. Plus de 8 000 Roumains ont non seulement réussi d’un point de vue agricole, mais ils avaient aussi de bonnes compétences, ce qui faisait d’eux de précieux immigrants pour les Prairies.[5] Les Ukrainiens constituaient également un groupe d’immigrants de valeur en raison de leurs compétences. Entre 1896 et 1914, on estime que 170 000 Ukrainiens sont venus dans l’Ouest canadien et s’y sont établis par bloc.[6] Les établissements par bloc étaient des colonies de peuplement compactes et formées par un groupe ethnique spécifique, ce qui a engendré une véritable mosaïque de zones culturelles dans les Prairies.[7] Les difficultés agricoles qu’avaient vécues les communautés ukrainiennes en Europe ont réellement aidé les populations ukrainiennes du Canada à connaître le succès dans les Prairies, où le manque de développement agricole exigeait une connaissance des techniques agricoles pionnières.

Pour de nombreux immigrants, le Canada représentait une seconde chance. Pour les Français, les Islandais et les Chinois, leurs conditions environnementales difficiles ajoutaient à leur volonté de se relocaliser. Les Français avaient vécu dans d’autres régions de l’Amérique du Nord avant de partir pour l’Ouest canadien. La migration des Français vers les Prairies s’est faite à partir de l’Est du Canada, ainsi que de la Nouvelle-Angleterre et de l’Ouest des États-Unis. Les populations françaises favorisaient le Manitoba, où des communautés françaises distinctes avaient déjà été établies par les commerçants de fourrures Français et les Métis, et cela bien avant la Confédération.

Saviez-vous que ? Le Manitoba possède la plus grande concentration d’Islandais vivant à l’extérieur de la capitale de l’Islande, Reykjavik.

Bien que la surpopulation, le chômage et le mauvais traitement des fermiers constituaient les principales motivations des immigrants de l’Islande et de la Chine, ces groupes ont également été poussés à émigrer en raison de conditions environnementales uniques. Environ 16 800 Islandais sont partis pour l’Amérique du Nord de 1871 à 1915, dont la majorité sont venus s’installer dans des établissements par bloc au Manitoba. La plupart de ces immigrants venaient de la région agricole ravagée du Nord de l’Islande, qui avait aussi été affectée par un bon nombre d’éruptions volcaniques dévastatrices dans les années 1870 et qui avait recouvert de cendres les quelques terres arables restantes.

Les Chinois ont connu un destin similaire. Plus de 15 000 immigrants chinois sont venus de la Chine et des États-Unis afin de construire le chemin de fer du Canadien Pacifique dans les années 1880. La majorité de ces immigrants chinois provenaient de Taishan, dans la province de Guangdong, qui avait à maintes reprises été ravagée par des inondations, des tremblements de terre, des épidémies, des typhons, des sécheresses et des guerres civiles au cours de la fin du XIXe siècle. Les Chinois, tout comme les Islandais ont vu le Canada comme un refuge avec de nombreuses possibilités pour une vie meilleure.

La possibilité d’une vie meilleure au Canada était également recherchée par de nombreux groupes d’immigrants « indésirables », qui ont profité de la période d’immigration libéralisée de Sifton pour échapper à la misère dans leur patrie. La survie et la liberté constituaient les premières motivations des populations opprimées et persécutées comme les Noirs américains, les Doukhobors, les Juifs, les Mennonites et les Mormons. Pour eux, les Prairies du Canada représentaient un endroit sécuritaire pour se réinstaller.

Les Noirs et les Mormons, deux groupes d’origine américaine, sont venus dans l’Ouest du Canada pour échapper à la discrimination à laquelle ils étaient confrontés aux États-Unis. Après que des lois restrictives aient été imposées aux Noirs en Oklahoma en 1907, un groupe de 1 500 Noirs a fui vers le Canada pour s’installer à Amber Valley, en Alberta, en 1910 et 1911. Malgré ce mouvement, la population de Noirs dans les Prairies n’a jamais été aussi grande que celle des autres groupes, car ils étaient parfois interdits d’entrée ou avaient tendance à se déplacer vers d’autres régions urbaines du Canada.

Les Mormons ont emmené avec eux des techniques d’irrigation au Canada qui ont permis à des milliers de personnes de cultiver les terres arides du Sud de l’Alberta et de la Saskatchewan.

Le mormonisme est né aux États-Unis dans les années 1830 et a fait face à une grande opposition de la part des conservateurs américains. La pratique de la polygamie dans les communautés Mormones était accueillie avec répugnance par la majorité de la population et le gouvernement américain a adopté des lois afin de l’interdire. Menacés d’emprisonnement et de persécution, des milliers de Mormons se sont installés dans le Sud de l’Alberta dans les années 1880, formant une population croissante de 7 000 personnes en 1910.[8] Les Mormons appréciaient les libertés accrues du Canada. Bien que la polygamie n’était pas officiellement légale, la persécution et l’emprisonnement des Mormons en raison de la polygamie ont pris fin en même temps que leur arrivée au Canada.

En Europe, comme aux États-Unis, les gouvernements votaient des lois restrictives qui interdisaient à de nombreux groupes de vivre une vie libre et heureuse. Pour les Juifs, les Mennonites et les Doukhobors, la vie en Europe est devenue de plus en plus difficile vers la fin du XIXe siècle.

La plupart des Juifs ne possédaient pas de grandes compétences agricoles pour les qualifier d’immigrants « souhaitables », mais ils sont tout de même venus en grand nombre dans les Prairies. Après que de nombreux établissements ruraux aient échoué, la majorité des Juifs de l’Ouest canadien se sont installés dans les villes. En particulier Winnipeg, qui est devenue une communauté juive florissante dans les années 1900 et où de nombreuses affaires juives ont émergé. Winnipeg demeure encore aujourd’hui, un château-fort de la vie et de la culture juive au Canada.

Qu’est-ce que la Russification ? C’était un effort d’assimilation de tous les peuples de l’Empire russe en forçant les non-Russes à renoncer à leur propre culture, langue et tradition et à adopter la culture et la langue russe.

Lorsque le gouvernement russe a imposé la russification intense à la fin des années 1800, les Doukhobors et les Mennonites ont subi les principales violations de leurs droits culturels et religieux. Ces peuples ont été emprisonnés et chassés pour leur résistance envers la russification et leur refus de s’associer à l’armée. Après leur immigration au Canada, les Doukhobors en Saskatchewan et les Mennonites au Manitoba ont vite été parmi les meilleurs agriculteurs des Prairies. Les impacts sociaux de ces groupes au Canada sont également considérables : les Doukhobors et les Mennonites ont introduit des modes de vie communautaire et le partage des biens communs dans les Prairies. Actuellement, la population des Doukhobors au Canada est le double de celle qui reste en Europe, tandis que les Mennonites continuent de constituer un groupe culturel important du Manitoba.

Dans les six premiers mois de 1900, un million de pamphlets portant sur l’immigration ont inondé les campagnes européennes.

Même si des motivations négatives ont poussé de nombreux groupes d’immigrants loin de leurs pays d’origine, certains groupes sont venus au Canada en raison des opportunités positives et des aventures présentées par les services d’immigration canadienne d’alors. Des publicités vantant l’Ouest canadien étaient distribuées dans différents pays européens, et le recrutement d’immigrants ethniquement souhaitables par les agents de l’immigration canadienne a pris son envol. De 1867 à 1914, les immigrants les plus ethniquement et culturellement souhaitables au Canada – bien qu’ils n’étaient pas tous les plus productifs des agriculteurs des Prairies – étaient des Britanniques, des Belges, des Américains, des Polonais, des Néerlandais, des Allemands, des Finlandais et des Scandinaves.

Alors que certains de ces « désirables » sont devenus de bons fermiers - on pense aux Américains, aux Néerlandais, aux Allemands, aux Polonais et aux Scandinaves - les Belges et les Britanniques n’ont pas connu le succès agricole. Les Belges étaient un groupe de colons unique. Malgré leurs différences culturelles et leur absence de compétences agricoles, ils étaient considérés comme des immigrants souhaitables par les agents de l’immigration canadienne. De nombreux Belges parlaient français et se sont ainsi installés dans des régions francophones du Manitoba, où ils représentaient une main-d’œuvre diversifiée en agriculture, qualifiée et moins qualifiée.

Malgré leur contribution limitée à une main-d’œuvre agricole qualifiée ou axée sur les métiers, les Britanniques ont été les immigrants les plus nombreux et ethniquement souhaitables au Canada. Alors que le Canada était toujours fortement influencé par l’Angleterre au XXe siècle, les immigrants britanniques - principalement de l’Écosse et de l’Angleterre après 1867 - ont contribué à maintenir la présence dominante anglo-saxonne blanche au Canada. Les déboires des colons britanniques à prospérer dans les zones rurales ont fait qu’ils avaient tendance à se retrouver dans des centres urbains, où ils ont augmenté la main-d’œuvre non qualifiée. Pendant l’ère Sifton, l’immigration avait délaissé les Britanniques, mais quand les nouveaux ministres ont pris la relève après 1905, la volonté de préserver et de protéger l’aspect britannique du Canada a refait surface.

Pendant que les immigrants britanniques affichaient une ineptie générale sur les entreprises agricoles rurales, de nombreux autres groupes d’immigrants souhaitables connaissaient le succès en agriculture dans les Prairies. Les Américains, Polonais, Néerlandais, Allemands, Finlandais et Scandinaves se sont tous avérés des colons prospères. Fait intéressant, la plupart de ces groupes se retrouvent dans la catégorie des immigrants « américains » car ils ont souvent tenté leur chance dans l’Ouest américain avant de se déplacer vers le Nord et de s’établir en permanence au Canada. Tout comme les Français, ces groupes ont fait face au prix élevé des terres et au surdéveloppement de l’Ouest américain, stimulant ainsi leur déplacement vers le Canada.

Ces groupes étaient hautement souhaitables aux yeux des agences canadiennes d’immigration : ils étaient familiers avec les conditions du climat et des terres des Prairies en raison de leur expérience dans l’Ouest américain, ayant des ressemblances physiques aux Britanniques, ils étaient ethniquement d’agréables immigrants, ils étaient habitués aux institutions démocratiques, et tout en affichant un taux élevé de rétention culturelle, ils n’avaient pas de pratiques traditionnelles « douteuses » - comme la vie en communauté ou la polygamie - comme certains autres groupes d’immigrants.

Comme les Néerlandais et les Allemands, de nombreux Polonais qui s’étaient installés dans l'Ouest canadien étaient issus de milieux agricoles et étaient familiers avec un climat plus rude. Bien que les Polonais étaient venus en beaucoup plus grand nombre après la Première Guerre mondiale, ils avaient encore une forte présence dans les Prairies au tournant du siècle. En 1911, il y avait plus de 30 000 Polonais au Canada, dont beaucoup étaient des fermiers de l’Ouest.[9]

Les Néerlandais, les Allemands et les Scandinaves étaient parmi les immigrants les plus « désirables » - d’un point de vue ethnique et agricole - dans les Prairies canadiennes.

Les Néerlandais et les Allemands constituaient deux des groupes d’immigrants des Prairies les plus « désirables » de l’histoire canadienne. Ils étaient appréciés pour leurs prouesses agricoles et leur grande éthique de travail. Les Allemands et les Néerlandais ont formé d’importants établissements par bloc ethnique dans l’Ouest. Les Allemands ont afflué principalement en Saskatchewan et ont mis en place deux grandes colonies dans les années 1900. Les Allemands en provenance des États-Unis se sont installés dans la colonie de St. Peter, qui comprenait 50 cantons et comptait 7 000 personnes en 1914. Les Allemands en provenance de l’Europe favorisaient la colonie de St. Joseph, composée de 77 cantons et où la population oscillait autour de 11 000 en 1916.[10]

La capacité des Néerlandais « propres et sobres » de s’intégrer aisément à la culture dominante en faisait des immigrants souhaitables. Nombre d’entre eux parlaient déjà l’anglais, en raison de leurs années passées aux États-Unis, ce qui les rendait encore plus souhaitables aux yeux du gouvernement canadien. Ils se sont installés principalement en Alberta, où une importante population y prospère toujours.

Les groupes européens du Nord partageaient des langues similaires, des ressemblances physiques et des identités culturelles et étaient donc généralement qualifiés de Scandinaves.[11] Ils sont arrivés, dans les plus grandes vagues, entre 1880 et 1900, pour la plupart en provenance des États-Unis. En fait, entre 1893 et 1914, seulement 6 000 des 40 000 Suédois des Prairies sont venus directement à partir de la Suède.[12] Les Scandinaves favorisaient l’établissement par bloc, ce qui a contribué à préserver leur culture et leurs langues. Environ 20 000 immigrants finlandais sont arrivés dans les Prairies et ceux-ci choisissaient de s’installer en Saskatchewan.[13] Les populations danoises favorisaient l’Alberta, où une personne sur deux s’installait dans la ville de Dickson.[14] Près de 20 000 Norvégiens sont venus en Alberta et en Saskatchewan, et environ 40 000 Suédois ont formé des colonies dans la ville d’Erickson, au Manitoba et dans la Saskatchewan rurale.

De 1867 à 1914, l’immigration dans les Prairies a diversifié son paysage en établissant une solide économie agricole et basée sur les ressources dans l’Ouest et en créant une mosaïque de cultures uniques assurant une présence durable dans les Prairies d’aujourd’hui. Bien que différentes motivations aient amené les immigrants dans les Prairies, ceux-ci sont restés en raison des possibilités et de la prospérité générées par leur installation. La période de boom de l’immigration de 1867 à 1914 a eu un impact majeur sur le développement des Prairies et a façonné d’une manière impérissable la société canadienne, son économie et sa culture.

Principaux lieux d’établissement des immigrants dans les Prairies

Belges

  • Saint-Alphonse, MB (1882, première colonie belge)
  • Saint-Boniface, MB (avant la Confédération, un des premiers établissements belges dans les Prairies)

Noirs

  • Amber Valley, AB (1910-11, la plus grande communauté noire en Alberta)
  • Eldon, SK (début du XXe siècle, la plus grande communauté noire en Saskatchewan)

Britanniques

  • Lloydminster, AB (1903, anciennement les colonies Britannia et Barr)
  • Cannington Manor, SK (1882)

(Écossais)

  • Colonie de Selkirk, MB (avant la Confédération, également connue sous le nom de colonie de Red River)

(Irlandais)

  • Carberry, MB
  • Kilarney, MB

Chinois

  • Winnipeg, MB (années 1880)
  • Calgary, AB (années 1880)

Doukhobors

  • Verigin, SK (1899, le Verigin district comprend Runnymede, Coté, Kamsack, Mikado et Canora )
  • Colonies Kamsack-Canora, SK

Néerlandais

  • Granum, AB (1903, anciennement Leavings, AB)
  • Nobleford, AB
  • Neerlandia, AB

Finlandais

  • New Finland, SK (1888)
  • Red Deer, AB

Français

  • Colonie de St.-Albert, AB (1874, comprend Legal, Morinville, Ray, Hazelwood et Picardville)
  • Colonie de Ste-Rose, MB (comprend Sainte-Rose-du-Lac, MB)
  • Saint-Boniface, MB (établissement français avant la Confédération)

Allemands

  • Colonie de St.-Peter, SK (1902, 50 cantons, comprenant Humboldt, Annaheim, Muenster, Lake Lenore, Englefeld, St. Gregor, Carmel, Bruno et Daylesford)
  • Colonie de Saint-Joseph, SK (1907, 77 cantons, comprenant Kerrobert, Wilkie, Scott, Unity, Biggar, Macklin et Trampling Lake)
  • Edenwold, SK (deuxième plus ancienne colonie allemande en Saskatchewan)
  • Leduc, AB (plus grande zone de peuplement allemand en Alberta)
  • Wetaskiwin, AB

Hongrois

  • Esterhazy, SK (1885, colonie de Esterhaz-Kaposvar)
  • Minnedosa, MB (1885)

Huttérites

  • Colonie James Valley, MB (1918)
  • Waterton, AB

Islandais

  • Gimli, MB (1875, anciennement la Republic of New Iceland)
  • Markerville, AB (1888-89, premier établissement islandais en Alberta)
  • Thingvalla, SK

Jews

  • Winnipeg, MB (années 1880)
  • Bender Hamlet, MB (années 1880)
  • New Jerusalem, SK (1884)

Mennonites

  • Gretna, MB (1881, premier élévateur à grain des Prairies)
  • East Reserve, MB (1874-75, 8 cantons)
  • West Reserve, MB (1874-75, 17 townships, comprenant Reinland, Chortitz, Bergthal, Halbstadt, Blumenort, Neuhoffung et Hoffnungsfeld)
  • Rosthern, SK (1902)

Mormon

  • Cardston, AB (1887, première colonie mormone des Prairies)
  • Raymond, AB (1903, première usine de betterave à sucre des Prairies)

Polonais

  • Rabbit Hill, Alb. (1897)
  • Skaro, Alb. (1897)
  • Round Hill, Alb. (1899)
  • Springfield, Man.
  • Lac du Bonnet, Man.
  • St. Michael, Alb. (1905)

Roumains

  • Vegreville, AB (1895)

Scandinaves

  • Minnedosa, MB (1886)
  • Canwood-Polworth district, SK

(Danois)

  • Nokomis, SK
  • Dickson, AB (1903, plus ancienne et plus populeuse colonie danoise des Prairies)

(Norvégiens)

  • Calgary, AB (region de Bow River)
  • Wetaskiwin, AB
  • Macoun, SK

(Suédois)

  • Erickson, MB (1885, établissement de la nouvelle-Suède, également appelée Scandinavia, MB)
  • Nouveau Stockholm, SK (1886)
  • District de Wadena, SK (1904)
  • Norquay, SK (1905)
  • Wetaskiwin, AB

Ukrainiens

  • Colonie d'Edna-Star, AB (1892)
  • Interlake, MB (1898, premier district scolaire ukrainien des Prairies)
  • Gilbert Plains, MB (1902)
  • Wakaw, SK

Galerie d'image:

Bibliographie et ouvrages consultés

Sources primaires

Magazine Macleans’, Sir Clifford Sifton, “The Immigrants Canada Wants,”
1er avril, 1922, p. 16.

Sources secondaires

Bicha, Karel Denis. “The Plains Farmer and the Prairie Province Frontier,
1897-1914,” Proceedings of the American Philosophical Society,
Vol. 109, No. 6 (10 décember 1965), pp. 398-440.

Francis, Douglas et Howard Palmer, auteurs. The Prairie West,
Historical Readings
. (Edmonton: Pica Pica Press), 1992.

Friesen, Gerald. The Canadian Prairies: A History. (Toronto: University of
Toronto Press), 1987.

Knowles, Valerie. Strangers at Our Gates: Canadian Immigration and
Immigration Policy, 1540-2006
. (Toronto: Dundurn Press), 2007.

Magocsi, Paul Robert. Encyclopedia of Canada’s Peoples. (Toronto:
University of Toronto Press), 1999

Palmer, Howard. The Settlement of the West. (Calgary: Comprint
Publishing Company), 1977.

Patterson, G. James. “Romanians,” in Magocsi, Paul Robert. Encyclopedia of
Canada’s Peoples
. (Toronto: University of Toronto Press), 1999,
pp. 1092-1100.

Swyripa, Frances. Storied Landscapes, Ethno-Religious Identity and the
Canadian Prairies. (Winnipeg: University of Manitoba Press), 2010.

Widdis, Randy William. “Saskatchewan Bound: Immigration to a New Canadian
Frontier,” Great Plains Quarterly, (Automne, 1992), pp. 254-268.
http://digitalcommons.unl.edu/greatplainsquarterly/649


  1. Douglas Francis et Howard Palmer, auteurs. The Prairie West, Historical Readings. (Edmonton: Pica Pica Press), 1992, 511.
  2. Sir Clifford Sifton, “The Immigrants Canada Wants,” Magazine Maclean’s, 1er avril 1922, p. 16.
  3. Gerald Friesen. The Canadian Prairies: A History. (Toronto: University of Toronto Press), 1987, p. 202.
  4. Randy William Widdis. “Saskatchewan Bound: Immigration to a New Canadian Frontier,” Great Plains Quarterly, (Automne, 1992), 257. http://digitalcommons.unl.edu/greatplainsquarterly/649
  5. G. James Patterson. “Romanians,” de Magocsi, Paul Robert. Encyclopedia of Canada’s Peoples. (Toronto: University of Toronto Press), 1999, 1094.
  6. Howard Palmer. “Strangers and Stereotypes, The Rise of Nativism, 1880-1920.” Francis et Palmer, 313.
  7. Anne Brydon. “Icelanders,” de Magocsi, Paul Robert. Encyclopedia of Canada’s Peoples. (Toronto: University of Toronto Press), 1999, p. 686.
  8. Brigham Y Card. “Mormons,” de Magocsi, Paul Robert. Encyclopedia of Canada’s Peoples. (Toronto: University of Toronto Press), 1999, p. 982.
  9. Henry Radecki et Benedykt Heydenkorn. A Member of a Distinguished Family: The Polish Group in Canada. (Toronto: The Canadian Publishers), 1976, 204.
  10. Karel Denis Bicha. “The Plains Farmer and the Prairie Province Frontier, 1897-1914,” Proceedings of the American Philosophical Society, Vol. 109, No. 6 (10 décembre 1965), 428.
  11. Les Finlandais ne sont pas officiellement identifiés comme des Scandinaves, mais dans le cadre de ce rapport, ils ont été inclus en raison de leur rapprochement culturel, géographique et d’immigration.
  12. Christopher S Hale. “Swedes,” de Magocsi, Paul Robert. Encyclopedia of Canada’s Peoples. (Toronto: University of Toronto Press), 1999, p. 1221.
  13. Varpu Lindstrom. “Finns,” de Paul Robert Magocsi. Encyclopedia of Canada’s Peoples. (Toronto: University of Toronto Press), 1999, p. 515.
  14. Frances Swyripa. Storied Landscapes, Ethno-Religious Identity and the Canadian Prairies. (Winnipeg: University of Manitoba Press), 2010, p. 89.