Façonner une communauté : les réfugiés noirs en Nouvelle-Écosse

par Lindsay Van Dyk, Chercheuse junior

La Nouvelle-Écosse représente le domicile de personnes d’ascendance africaine depuis plus de 300 ans. Certaines personnes sont arrivées en tant qu’esclaves au service de maîtres blancs, mais beaucoup d’autres sont arrivées en tant qu’immigrants libres qui recherchaient une nouvelle patrie. Pendant et après la guerre de 1812, environ 2 000 esclaves sont arrivés en Nouvelle-Écosse, après avoir repris leur liberté au cours du conflit. Il est estimé qu’environ 400 de ces esclaves ont continué vers le Nouveau-Brunswick. Ce groupe a collectivement acquis la dénomination de réfugiés noirs.

La Nouvelle-Écosse représente le domicile pour des personnes d’ascendance africaine depuis plus de 300 ans.

Dès leur arrivée en Nouvelle-Écosse, les réfugiés noirs ont rencontré de nombreuses difficultés. Les concessions de terres du gouvernement étaient retenues, une affluence de l’immigration blanche augmentait la concurrence pour les rares emplois disponibles et le terrain rocheux et infertile s’avérait difficile à cultiver. Dans ces conditions, la pauvreté extrême est devenue une réalité pour de nombreux réfugiés noirs. La communauté blanche avait de la difficulté à accepter les nouveaux immigrants en tant que colons libres puisque les noirs étaient souvent perçus comme esclaves. Les réfugiés noirs étaient par conséquent en grande partie exclus de la société néo-écossaise. Malgré leur marginalisation et leur appauvrissement, les réfugiés noirs ont apporté des contributions précieuses au tissu culturel de la Nouvelle-Écosse car ils ont établi des collectivités durables dans l'ensemble de la province et ont contribué à façonner le développement d'une identité africaine néo-écossaise.

Les réfugiés noirs sont considérés comme la troisième vague importante des immigrants noirs libres en Nouvelle-Écosse, précédée par les Loyalistes noirs (1783) et les Marrons jamaïcains (1796). Plus d'un tiers des Loyalistes noirs et presque tous les Marrons jamaïcains se sont finalement établis en Sierra Leone.

L‘expérience des réfugiés noirs en Nouvelle-Écosse était fortement influencée par les précédentes vagues d’immigration dans la province. Jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, la majorité de la population noire de la province se composait d’esclaves. Au début des années 1700, environ 300 esclaves ont été transportés à la forteresse française de l'Île Royale, maintenant l’île du Cap-Breton, tandis que d’autres, alors au service des colons de la Nouvelle-Angleterre, sont arrivés entre 1760 et 1774. La présence d’esclaves noirs avant même l’arrivée des immigrants libres a conditionné plusieurs Néo-Écossais blancs à associer la couleur noire de la peau à l'esclavage, influençant de façon négative leur attitude à l'égard des immigrants noirs[1] arrivés par la suite. La première migration à grande échelle des Noirs libres en Nouvelle-Écosse s’est produite à la suite de la guerre d’indépendance des États-Unis. Pendant le conflit, les Britanniques ont offert liberté et protection aux esclaves noirs qui avaient fui leurs maîtres américains et prenaient les armes aux côtés des Britanniques. Plus de 3 000 Loyalistes noirs sont venus en Nouvelle-Écosse après la défaite des Britanniques en 1783, s’installant à Birchtown, à Digby, dans le comté de Guysborough, à Annapolis Royal, Preston et Halifax. En 1785, la plupart des communautés loyalistes noires avaient établi des églises noires indépendantes et plusieurs avaient également leurs propres écoles.[2] Cependant, les Loyalistes noirs étaient systématiquement écartés des concessions de terres et exploités comme une source de main-d’œuvre gratuite par le gouvernement provincial. Déçus par leur expérience en Nouvelle-Écosse, plus du tiers des Loyalistes noirs ont choisi de se réinstaller en Sierra Leone en 1792. De ce nombre, la majorité était des enseignants noirs, des prédicateurs et des leaders, conduisant ainsi à une coupure des collectivités et institutions loyalistes noires.[3]

L'arrivée de plus de 500 Marrons noirs de la Jamaïque en 1796 a marqué la deuxième migration massive de Noirs libres en Nouvelle-Écosse. Les autorités coloniales britanniques avaient expulsé les Marrons de la Jamaïque après un soulèvement contre les habitants blancs de l’île. De nombreux Marrons ont été utilisés par les Britanniques pour travailler sur les fortifications de la Colline de la Citadelle. Cependant, les Marrons avaient de la difficulté à s’adapter au climat rigoureux de la Nouvelle-Écosse et étaient hostiles aux tentatives du gouvernement de les convertir au christianisme et de les utiliser comme des ouvriers bon marché. L’insatisfaction croissante relative à leur expérience en Nouvelle-Écosse a incité presque tous les Marrons jamaïcains à retourner de façon volontaire en Sierra Leone, en 1800.[4] Lorsque les réfugiés noirs ont migré vers la Nouvelle-Écosse, la population noire restant dans la province était largement dispersée et isolée.[5]

Le déclenchement de la guerre entre les États-Unis et la Grande-Bretagne, en juin 1812, a fourni aux réfugiés noirs la possibilité d’échapper à leur asservissement. Des sentiments persistants de dissidence suivant la guerre d’indépendance américaine (1775-1783) avait progressivement dégénéré en un conflit à grande échelle.[6] Lorsque les Britanniques ont mis en place un blocus naval sur la côte Est des États-Unis en 1813, les esclaves commencèrent à s’enfuir de leur plantation et à se réfugier à bord des navires britanniques. En avril 1814, le vice-amiral Sir Alexander Cochrane a publié une proclamation officielle offrant la liberté à tous ceux qui joignaient le camp britannique, promettant leur réinstallation dans les colonies britanniques en Amérique du Nord et dans les Antilles.[7] Entre 1813 et 1815, environ 3 500 esclaves se sont échappés avec succès, venant principalement de la région de Chesapeake (Maryland et Virginie) et de la Géorgie. Près de 2 000 réfugiés noirs ont été transportés vers la Nouvelle-Écosse, et environ 400 de ce nombre ont été acheminés vers le Nouveau-Brunswick en 1815.[8]

Compte tenu des difficultés économiques, « de nombreux réfugiés noirs ont été réduits à la mendicité et au vol afin de subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs familles ».

L’adversité et la lutte ont caractérisé les premières années de la colonie des réfugiés noirs en Nouvelle-Écosse. Beaucoup de réfugiés noirs sont arrivés malades et pauvres et étaient incapables de travailler, forcer de chercher refuge à la maison des pauvres d’Halifax ou au centre de quarantaine, sur l’île Melville. Ceux qui étaient en bonne santé étaient envoyés à l’intérieur des terres de la province pour rechercher un emploi. Le lieutenant-gouverneur Sir John Coape Sherbrooke a exprimé sa confiance dans leur capacité « de trouver un certain confort dans leur labeur. »[9] Cependant, la fin de la guerre, en 1814, a déclenché une période de dépression économique en Nouvelle-Écosse, rendant difficile pour les réfugiés noirs d’obtenir du travail rémunéré. Une augmentation de l’immigration européenne durant la même période intensifia la concurrence pour les rares emplois disponibles.[10] Beaucoup de réfugiés noirs ont été réduits à la mendicité et au vol afin de subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs familles.[11] Malgré ces difficultés, les réfugiés noirs étaient déterminés à s'établir en Nouvelle-Écosse.

Les réfugiés noirs se sont installés dans les zones rurales autour d’Halifax, avec les plus grandes communautés établies à Preston, Hammonds Plains et Beechville. Au début, ils étaient « bien heureux et satisfaits » à l'idée d’avoir des terres qu’ils pouvaient dire les leurs.[12] Cependant, le gouvernement ne leur donnait pas les terres, mais bien des droits de location ou des licences d’occupation. Cela enlevait aux réfugiés noirs la possibilité de posséder des terres ou de les vendre à profit. Les lots offerts par le gouvernement étaient limités à dix acres et situés sur un sol rocheux, infertile. Dans ces conditions, les cultures plantées par les réfugiés noirs échouaient à répétition. Une série d’événements naturels dévastateurs rendait les efforts de culture des terres encore plus difficiles. En 1815, des champs entiers ont été détruits par des hordes de souris à travers les campagnes de la Nouvelle-Écosse. L’année suivante, connue comme l’« année sans été », le sol est resté gelé jusqu’en juin et 25 centimètres de neige sont tombés durant ce même mois. Même lorsque les réfugiés noirs obtenaient quelques succès de récolte, les saisons longues et froides de l’hiver épuisaient généralement leurs ressources. La plupart des réfugiés noirs, malgré tous leurs efforts pour devenir indépendants, étaient contraints de s’appuyer sur l'aide gouvernementale et la charité.[13]

Les autorités provinciales ont protesté à l’effet que les réfugiés étaient « inadaptés de par leur nature à ce climat, ou à une association avec le reste des colons de Sa Majesté ».

La population blanche de la Nouvelle-Écosse avait une certaine aversion envers la dépendance des réfugiés noirs et ne les considérait pas comme des membres égaux de la société. Les autorités provinciales ont protesté à l’effet que les réfugiés étaient « inadaptés de par leur nature à ce climat, ou à une association avec le reste des colons de Sa Majesté ».[14] La pauvreté généralisée des réfugiés noirs était considérée comme la preuve que la population noire était plus adaptée à l’esclavage qu’à la liberté. En 1821, les autorités coloniales ont tenté d’éliminer les réfugiés noirs de la Nouvelle-Écosse en faisant pression sur eux afin qu’ils se réinstallent à Trinité, mais la majorité refusait de s’installer dans n’importe quel endroit où l’esclavage était toujours présent.[15] En fin de compte, seulement 81 adultes et 14 enfants ont accepté l’offre du gouvernement pour leur déplacement.[16] Malgré leurs luttes incessantes, la plupart des réfugiés noirs ne voulait pas quitter leurs nouvelles collectivités et risquer leur liberté en se déplaçant vers Trinité. L’afflux de réfugiés noirs dans la province a facilité un renouveau communautaire parmi la population noire. Bon nombre des Loyalistes noirs restant en Nouvelle-Écosse ont migré vers les colonies de réfugiés noirs et se sont intégrés à leurs communautés.[17] L’expérience partagée de vie difficile a créé un sentiment d’unité parmi la population noire et a contribué à la croissance et au renouvellement des différentes communautés noires en Nouvelle-Écosse.

Les réfugiés noirs n’ont pas agi de façon passive face aux difficultés de s’établir en Nouvelle-Écosse.

Les réfugiés noirs n’ont pas agi de façon passive face aux difficultés de s’établir en Nouvelle-Écosse. Certains des réfugiés noirs ont cherché un emploi à Halifax après les échecs répétés des récoltes. Les hommes trouvaient parfois du travail à bord des navires ou dans les chantiers navals, tandis que les femmes travaillaient principalement comme domestiques.[18] La vente de fraises, de framboises et de bleuets sur le marché d’Halifax constituait une source additionnelle de revenu.[19] D’autres réfugiés noirs faisaient pression sur le gouvernement pour obtenir de plus grandes terres afin d’améliorer leurs chances de récolte viable. Bien que ces pétitions fussent souvent ignorées durant les premières années de la colonisation, les réfugiés noirs de Hammonds Plains ont reçu une subvention suffisante pour 600 acres supplémentaires en 1834, alors que les réfugiés de Preston ont reçu 1 800 acres en 1842.[20] Les réfugiés noirs faisaient des efforts pour améliorer leur situation, ils ont fait preuve d’engagement afin d’établir des collectivités durables.

Pourquoi l’église était si importante pour les communautés noires ?

L’église donnait un sentiment de sécurité et de force à la population noire qui vivait des moments difficiles. C’était un lieu où la communauté pouvait se réunir afin de célébrer sa foi, tenir des rencontres et événements et se soutenir l’un l’autre.

Le développement des églises noires au sein des collectivités de réfugiés a renforcé davantage la présence des réfugiés noirs en Nouvelle-Écosse. Bien que les églises noires indépendantes existassent déjà dans les communautés loyalistes noires, la plupart ont été dissoutes à la suite de l’exode des Loyalistes en Sierra Leone.[21] Sous la direction de Richard Preston, l’église Baptiste africaine a été fondée à Halifax en 1832, ouvrant la voie à la création d’autres églises noires dans les zones environnantes. L’église est devenue le point central de la vie communautaire et donnait un sentiment de sécurité et de force à la population noire qui vivait des moments difficiles. Progressivement, les réfugiés noirs ont fondé d’autres organisations sociales et religieuses, comme l’African Friendly Society, l’African Abolition Society et l’African United Baptist Association. Ces institutions ont bâti les communautés noires de réfugiés et aidé la population noire à établir une présence durable dans la province, en tant que Néo-Écossais africains.[22]

Les réfugiés noirs n’étaient pas les premiers migrants noirs dans la province, ni les derniers, mais leurs efforts incessants pour contrer les préjugés des Blancs, les terres infertiles et les mauvaises perspectives économiques ont aidé à maintenir la présence noire en Nouvelle-Écosse. L’impact durable des communautés noires de réfugiés du début est encore visible dans la Nouvelle-Écosse d’aujourd’hui. Les communautés comme Preston, Hammonds Plains et Beechville présentent encore des communautés noires importantes et actives, tandis que les Néo-Écossais d’origine africaine demeurent un des plus grands groupes de minorité visible dans la province.[23]

Le saviez-vous ?

William Hall, le premier Néo-Écossais à recevoir la Croix de Victoria, était un descendant des réfugiés noirs. Il a reçu cette médaille pour ses actions lors du siège de Lucknow, en 1857.

Au fil du temps, la communauté noire a continué de croître et d’apporter de précieuses contributions culturelles. En 1983, le Centre culturel noir de la Nouvelle-Écosse (Black Cultural Centre for Nova Scotia) a officiellement ouvert en tant qu’institution dédiée à la protection, la préservation et la promotion de la culture noire en Nouvelle-Écosse. Plus récemment, en 2000, le ministère de l’éducation de la Nouvelle-Écosse a présenté au niveau secondaire un programme d’études sociales et de l’anglais axé sur l’histoire et le patrimoine afro-canadiens. Les Néo-Écossais africains demeurent une partie incontestable de la société de la Nouvelle-Écosse, s’appuyant sur les fondements culturels des générations précédentes. Malgré leurs combats contre la pauvreté, la misère et la discrimination, les réfugiés noirs ont créé des établissements durables et renforcé les fondations d’une identité africaine néo-écossaise.

 

Chronologie :

 

1783-1785 – Environ 3 000 Loyalistes noirs arrivent en Nouvelle-Écosse. Au cours de la guerre d’indépendance des États-Unis, les Britanniques offrent la liberté aux esclaves noirs qui se joignent à l’effort de guerre britannique. Lorsque les Britanniques perdent la guerre, les fidèles à la Couronne sont expulsés des États-Unis. Les Loyalistes noirs arrivent en Nouvelle-Écosse et s’installent à Birchtown, Digby, dans le comté de Guysborough, à Annapolis Royal, à Preston et à Halifax.

1792 – Environ 1 200 Loyalistes noirs quittent Halifax pour la Sierra Leone. Les concessions de terres leur étant refusées et exploités comme source de main-d’œuvre non-rémunérée, de nombreux Loyalistes noirs sont insatisfaits de leur expérience en Nouvelle-Écosse. Plus d’un tiers des Loyalistes noirs choisissent de se réinstaller en Sierra Leone, y compris la majorité des enseignants, prédicateurs et dirigeants noirs.

1796 – Plus de 500 Marrons jamaïcains arrivent en Nouvelle-Écosse. Les autorités coloniales britanniques expulsent les Marrons de la Jamaïque pour incitation à une rébellion contre les habitants blancs de la colonie. Les Marrons s’installent près de Preston et sont employés pour travailler sur les fortifications de la Colline de la Citadelle.

1800 – Presque tous les Marrons jamaïcains quittent Halifax pour la Sierra Leone. Les Marrons ont de la difficulté à s’adapter au rude climat et n’apprécient pas les tentatives du gouvernement de les convertir au christianisme et de les utiliser comme des ouvriers bon marché.

1812 – Les États-Unis déclarent la guerre à la Grande-Bretagne.Les sentiments persistants de dissidence découlant de la guerre d’indépendance (1775-1783) s’étant progressivement intensifiés, ceux-ci augmentent encore davantage avec l’expansionnisme américain et la perquisition et la saisie de navires américains par la Royal Navy.

1813 – Les esclaves Noirs cherchent refuge à bord des navires britanniques. Au printemps 1813, les Britanniques mettent en place un blocus naval dans la région de Chesapeake, sur la côte est des États-Unis. La proximité des navires britanniques sur le continent incite les esclaves à s’échapper de leurs plantations. En septembre de la même année, 133 esclaves noirs sont transportés vers Halifax.

1814 – Le Vice amiral Sir Alexander Cochrane émet une proclamation de liberté. . En réponse à la fuite incessante des esclaves vers les navires britanniques, Cochrane offre officiellement la liberté aux esclaves noirs désireux de joindre le camp britannique. La proclamation dit que les individus seraient réinstallés dans les colonies britanniques en Amérique du Nord et aux Antilles.

1815 – Entre 1813 et 1815, environ 2 000 esclaves en fuite arrivent en Nouvelle-Écosse sur les navires britanniques. Ce groupe de migrants est devenu connu sous le nom de réfugiés noirs et proviennent principalement de la région de Chesapeake (Maryland et Virginie) et de la Géorgie.

1815 – L’île Melville est définie en tant que centre de quarantaine pour les nouveaux immigrants noirs. Durant ses premiers mois d’exploitation, l’île Melville a reçu plus de 700 réfugiés noirs. Le centre a été fermé en 1816, après une diminution significative de l’immigration noire. Aujourd’hui, l’île est le site du Armdale Yacht Club.

1815-1816 – Les réfugiés s’installent sur des terres dans des zones rurales situées près d’Halifax. Les plus importants secteurs d’établissement sont formés à Preston, à Hammonds Plains et à Beechville. Le gouvernement retient les concessions de terres destinées aux réfugiés noirs et le sol rocheux et infertile s’avère difficile à cultiver.

1816 – Richard Preston arrive en Nouvelle-Écosse. Preston est un ancien esclave venu en Nouvelle-Écosse à la recherche de sa mère. Avec l’intention de poursuivre une carrière dans le clergé, Preston devient l’apprenti du révérend John Burton et gagne en popularité parmi la population des réfugiés noirs alors qu’il parcourt les secteurs d’établissement, offrant ses sermons.

1821 – Quatre-vingt-quinze réfugiés noirs se réinstallent à Trinité. Le gouvernement avait l’intention de réinstaller des réfugiés noirs à Trinité dès le début de 1815, mais n’avait pas les ressources nécessaires à la poursuite du plan jusqu’à ce que le gouvernement colonial offre de subventionner la relocalisation. Malgré la pression constante du gouvernement, la majorité des réfugiés noirs refuse de se réinstaller à Trinité.

1832 – Richard Preston reçoit en Angleterre son ordination de la West London Baptist Association. Alors qu’il est à l’étranger, Preston en profite pour recueillir des fonds pour la construction d’une église noire indépendante à Halifax.

1832 – Richard Preston fonde l’Église baptiste africaine d’Halifax. L’Église sera plus tard, en 1892, incorporée sous le nom de Cornwallis Street Baptist Church. Entre 1832 et 1853, Preston établit un total d’onze églises baptistes africaines en Nouvelle-Écosse.

1833 – L’esclavage est officiellement aboli par l’Empire britannique. La Loi entre en vigueur l’année suivante.

1834 – L’Assemblée législative de la Nouvelle-Écosse adopte une loi interdisant aux esclaves libérés de venir dans la province. Plus tard, le gouvernement impérial abolit cette loi pour des motifs discriminatoires.

1846 – L’Église épiscopale méthodiste africaine Zion est fondée. Pendant plus d’un siècle, l’Église surplombe l’angle sud-ouest des rues Gottingen et Falkland. Elle est démolie vers 1955.

1848 – Les réfugiés noirs s’installent à Africville. William Brown Sr. et William Arnold achètent des terres sur la rive sud du bassin de Bedford, à Halifax. Les personnes provenant des communautés de réfugiés noirs de Hammonds Plains et de Preston commencent à s’y installer peu à peu et la région devient connue sous le nom d’Africville.

1854 – Richard Preston et Septimus Clarke fondent l’African United Baptist Association. L’AUBA regroupe des églises noires de partout en Nouvelle-Écosse et leur fournit une structure organisationnelle.

 

Galerie d'image:

 

 

Bibliographie

Sources primaires

Archives et collections
Halifax, Nouvelle-Écosse - Nova Scotia Archives and Records Management

Commissaire de la collection des dossiers public

Correspondance et autres matériels

Dépêches de gouverneurs de la Nouvelle-Écosse aux secrétaires d'État

Recueil de correspondance du Lieutenant-gouverneur

Sources secondaires

Grant, John N. “Black Immigrants into Nova Scotia, 1776-1815.”
The Journal of Negro History 58, no. 3(July 1973): 253-270

Walker, James W.St.G. The Black Loyalists: The Search for a Promised Land in
Nova Scotia and Sierra
Leone 1783-1870. New York: Africana Publishing
Co., 1976

Walker, James W. St.G. The Black Identity in Nova Scotia: Community and
Institutions in Historical Perspective
. Dartmouth:
Black Cultural Centre for Nova Scotia, 1995.

Whitfield, Harvey Amani. “’We Can Do As We Like Here’: An Analysis of
Self Assertion and Agency Among Black Refugees in Halifax,
Nova Scotia, 1813-1821.” Acadiensis, 32, no. 1 (Autumn 2002): 29-49

Whitfield, Harvey Amani. “The Development of Black Refugee Identity in
Nova Scotia 1813-1850.” Left History 10, no. 2 (Fall 2005): 9-31.

Whitfield, Harvey Amani. Blacks on the Border: The Black Refugees in
British North America, 1815-1860.
Burlington, Vermont: University of
Vermont Press, 2006.

Winks, Robin. The Blacks in Canada: A History. 2nd Ed. Montreal and
Kingston: McGill-Queen’s University Press, 1997.

 

Bas de vignettes des images et références pour la page d’accueil:

Le bassin Bedford, près de Halifax, Bibliothèque et Archives Canada, Acc. No. 1938-220-1

Groupe et chariot à bœuf, Preston, Nouvelle-Écosse, Frances Jones Bannerman, Archives de la Nouvelle-Écosse, ACC. no 1996-156/12, nég. N-9993

Maison à Preston, anciennement le Stag Inn, collection de photos des Archives de la Nouvelle-Écosse : Lieu : Preston, nég. N-710

Détail de la carte montrant Preston, Archives de la Nouvelle-Écosse, Carte topographique du comté de Halifax, Nouvelle-Écosse

 

URL des images de la NSARM - pour référence supplémentaire et accès aux originaux


  1. Harvey Amani Whitfield, “The Development of Black Refugee Identity in Nova Scotia 1813-1850,” Left History 10, no. 2 (Fall 2005): 10.
  2. James W.St.G Walker, The Black Identity in Nova Scotia: Community and Institutions in Historical Perspective (Dartmouth: Black Cultural Centre for Nova Scotia, 1995), 10-11.
  3. James W.St.G. Walker, The Black Loyalists: The Search for a Promised Land in Nova Scotia and Sierra Leone 1783-1870 (New York: Africana Publishing Co., 1976), 386, 388.
  4. John N. Grant, “Black Immigrants into Nova Scotia, 1776-1815,” The Journal of Negro History 58, no.3 (July 1979): 258-261; Whitfield, “The Development of Black Refugee Identity,” 11.
  5. Walker, The Black Loyalists, 388.
  6. Harvey Amani Whitfield, Blacks on the Border: The Black Refugees in British North America, 1815-1860 (Burlington, Vermont: University of Vermont Press, 2006), 30.
  7. ”Admiral Cochran’s Proclamation,” 2 avril 1814, Commissioner of Public Records Collection, Nova Scotia Archives and Record Management (hereafter NSARM), RG 1, Vol. 111, No. 99-100, Microfilm No. 15262, http://gov.ns.ca/nsarm/virtual/africanns/archives.asp?ID=70&Language=French
  8. Whitfield, Blacks on the Border, 32.
  9. “Sherbrooke to Bathurst,” 18 octobre 1813, Dispatches from Governors of Nova Scotia to Secretaries of State, NSARM, RG 1, Vol. 111, No. 66-37, Microfilm No. 15262.
  10. Harvey Amani Whitfield, “’We Can Do As We Like Here’: An Analysis of Self Assertion and Agency Among Black Refugees in Halifax, Nova Scotia, 1813-1821,” Acadiensis 32, no. 1 (Autumn 2002): 41.
  11. “Coleman to Sabathier,”23 mars 1815, Correspondence and Other Material, NSARM, RG 5 A, Vol. 21, No. 84, Microfilm No. 15598.
  12. “Morris to Sherbrooke,” 6 septembre 1815, Commissioner of Public Records Collection, NSARM, RG 1, Vol. 420, No. 76, Microfilm No. 15464.
  13. Robin Winks, The Blacks in Canada: A History, 2nd ed. (Montreal and Kingston: McGill-Queen`s University Press, 1997), 121, 125, 129;“Dalhousie to Bathurst,” 16 May 1817, Dispatches from Governors of Nova Scotia to Secretaries of State, NSARM, RG 1, Vol. 112, No. 23-25, Microfilm No. 15262.
  14. “Address of the House of Assembly to Lieutenant Governor Sherbrooke Opposing Black Refugee Immigration,” 1 avril 1815, Journal of the House of Assembly 1815, NSARM, p. 107, Microfilm No. 3528. http://www.gov.ns.ca/nsarm/virtual/africanns/archives.asp?ID=76&Language=French
  15. “Kempt to Bathurst,” 16 octobre 1823, Lieutenant-Governor’s Letterbook, NSARM, RG 1, Vol. 113, No 82.
  16. “Kempt to Harrison,” 20 janvier 1822, Lieutenant-Governor’s Letterbook, NSARM, RG 1, Vol. 113, No 35-36.
  17. Walker, The Black Identity in Nova Scotia, 14-15.
  18. Whitfield, “The Development of Black Refugee Identity,” 16-17.
  19. Whitfield, Blacks on the Border, 74.
  20. Winks, 129-130.
  21. Walker, The Black Loyalists, 386.
  22. Whitfield, “The Development of Black Refugee Identity,” 19.
  23. Statistique Canada. Groupes de minorités visibles, chiffres de 2006, pour le Canada, les provinces et les territoires, et les divisions de recensement (tableau), recensement de la population en 2006. Dernière mise à jour, 6 octobre 2010. Consulté le 24 mars 2014. http://www12.statcan.ca/census-recensement. Les peuples autochtones ne sont pas inclus dans les statistiques des populations de minorités visibles parce que la Loi sur l’équité en matière d’emploi définit les minorités visibles comme « personnes, autres que les autochtones, qui ne sont pas de race blanche ou qui qui n’ont pas la peau blanche ». Le recensement de 2006 indique que la Nouvelle-Écosse a une population autochtone de 24 175 tandis que les chiffres de la population noire sont de 19 230.